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Les squatteurs sont des victimes, pas des délinquants !

Rubrique Idées du journal Le Monde du 04/02/2011. Lien direct ci-dessous


Ainsi donc, sous couvert de loi sur la sécurité Loppsi 2, certains sénateurs ont cru bon de devoir créer une infraction pénale contre les squats et les logements précaires. Quelle avancée démocratique !

Peut-on sérieusement juger que l'arsenal juridique français soit si indigent qu'il n'existe pas d'autres moyens d'action pour régler le problème ? Tout ce temps, cette énergie et cet argent public dépensés pour en arriver là résonnent aux oreilles du citoyens et du sociologue que je suis comme un manque d'imagination particulièrement inquiétant de la part de certains de nos élus. On s'étonne souvent que le peuple s'éloigne des prétendues "élites" qui dirigent notre pays.

Avant de voter des lois stigmatisantes, certains "locataires" de la chambre haute du parlement devraient au contraire prendre le temps de descendre un peu de leurs rocking chair dorés pour aller discuter avec les fameux "squatteurs", afin de se rendre compte, par eux-mêmes, qu'il n'y a peut-être pas plus de délinquants parmi les exclus que parmi le personnel politique de ce pays.

Certes, les squatteurs médiatiques demeurent une épine bien douloureuse dans les pieds douillets de certains décideurs qui préfèrent généralement marcher droit que boiter bas. Ces troublions du logement précaire ne sont pourtant que les mauvaises consciences de tous ceux qui depuis plus de trente ans n'ont pas su anticiper les dérégulations sociales qui ont conduit les plus démunis à n'avoir le choix qu'entre deux options : mourir sur le bitume, s'approprier par la ruse des lieux qui ne sont pas les leurs. Voilà donc la réalité : il existe en France des milliers de personnes qui n'ont d'autres alternatives, à Paris comme en province, que de survivre dans quelques caves ou entrepôts désaffectés.

Mesdames et messieurs les législateurs, sachez que les "Sans toit fixe", qu'ils soient sans abri, exilés ou Roms sont des victimes qui s'approprient des espaces vides car ils n'ont tout simplement pas d'autres choix ! Sanctionner ces "détritus humains" pour reprendre l'expression du sociologue Zygmunt Bauman est une démarche contre-productive. Mesdames, messieurs les sénateurs, à défaut de compassion pour l'humain "squatteur", ayez donc un peu de respect pour l'électeur (et oui, aussi incroyable que cela puisse paraître, certains de ces individus votent !) qui vous permettent vous aussi de squatter du côté du Palais du Luxembourg (Siège du Sénat français).

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Samedi, 05/02/2011 JL